11 juil. 2008

Avec Solidarshop, achetez solidaire

Solidarshop.com : c'est le dernier né* de la Toile solidaire . Et il repose sur le principe de l'achat solidaire - déjà évoqué au travers de Soliland. Le principe : 10% du montant de vos achats effectués sur ce site sont reversés à l'une des associations partenaires - que vous pourrez choisir. A ce jour, 4 associations bénéficient de ces reversements , dans des domaines représentatifs et complémentaires : la santé (FMO), l’écologie et la protection des animaux (WWF), la pauvreté dans le monde (CARE), le handicap (Handicap international).

Solidarshop ne compte pas se limiter aux produits électroniques, mais ses deux fondateurs étant familiers de ce secteur, Vincent Garnier (ancien de Pixmania), Jean-Christophe Linder (venant de MacWay), ce premier « rayon » a été plus simple et plus rapide à mettre en place. « D'ailleurs (...), nous ouvriront le site avec 10 000 références de DVD, précise Vincent Garnier. Nous voulons être totalement grand public et, à terme, nous ouvrir à toutes les catégories de produits. » Tous les produits sont neufs et les prix équivalents à ceux d'autres distributeurs. « Nous n'avons pas un positionnement de discount. Les 10 % que l'on reverse aux associations, nous les prenons sur notre marge opérationnelle. Nous avons déjà fait le pari de ne pas vendre plus cher qu'ailleurs, nous ne pouvons pas courir tous les lièvres à la fois. » apprend-t-on sur 01net.com.

Reste à savoir ce que les associations peuvent attendre de cette nouvelle initiative (au delà des montants reversés) et comment cette dernière est réellement perçue par le grand public (positif ? pas positif ? utile ? pas utile ?). Sans doute est-il encore trop tôt pour se prononcer... Mais un autre point me fait m'interroger : sauf erreur de ma part, aucun des sites de ces 4 associations évoque - même dans une page profonde - ce partenariat. N'est-ce pas là une des clés de la réussite de ce partenariat. Dommage, non ?

*apparemment ouvert en mai
et officiellement lancé
(RP) en ce début de juillet.

> Solidarshop
> Fédération des maladies orphelines
> WWF
> CARE
> Handicap international


9 juil. 2008

Internet : un canal d’avenir pour les dons aux associations

C’est le titre d’un article publié hier sur le site de La Croix [1] qui – évidemment – attire mon attention. Un titre qui me fait esquisser un sourire. Un titre qui est d’une telle évidence, presque une lapalissade… Pourtant, voilà un article qui – à l’appui d’une étude[2] de Jacques Malet – apporte un éclairage nouveau sur les donateurs, particulièrement sur les 18-60 ans. Morceaux choisis.

« Les associations recherchent l’efficacité dans leur collecte et savent qu’il vaut mieux s’adresser à ceux qui donnent déjà. Or, actuellement, les plus de 60 ans représentent près de la moitié des donateurs. Pourtant, il faut assurer la relève et diversifier les moyens des associations », affirme Jacques Malet dans cet article. Les donateurs de moins de 60 ans constituent donc, selon lui, un « réservoir important peu sollicité ». Ou « mal sollicité » ajouterais-je volontiers. « Reste à savoir quels outils marketing adopter pour les sensibiliser à la cause. » Internet par exemple ?

« Les donateurs de moins de 60 ans sont plus nombreux à donner après «mûre réflexion en faveur d’une action précise » que sur « un coup de coeur » » indique la journaliste de La Croix. Ces donateurs s’inscriraient-ils dans une logique de don plus « rationnel » ? Vraisemblablement oui. Car lorsqu’on leur demande ce qu’ils souhaitent en retour de leur don d’argent, ils sont entre 42 % et 69 % à vouloir « une information précise sur l’action menée ». Qui a dit que le don est gratuit ?

Autre information utile : 23 % de ces plus jeunes donateurs effectuent « le plus souvent » leur don par Internet (24 % des 30-39 ans et 15 % des 50-59 ans). Pour Jacques Malet, Internet doit être une priorité pour les associations qui collectent des fonds auprès du grand public : non seulement les donateurs y sont réceptifs, mais c’est un moyen de communication « peu coûteux » qui permet d’offrir, via un site ou une newsletter, une information beaucoup plus sophistiquée que le simple courrier, actuellement très utilisé.

Denier point, voici une hypothèse formulée dans cette étude – qui peut passer inaperçu – qui traduit bien une certaine réalité : « Internet n’est pas qu’un outil supplémentaire au service du don. Non. Le recours par les associations au canal Internet (entendez par là site web, e-mailing, RSS…) fait naître de nouveaux types de comportements de don. » Là aussi, pour moi, c’est plus qu’une hypothèse. C’est une évidence.

Internet est effectivement un canal d’avenir pour les dons aux associations. Et pas seulement les dons. Et pas seulement pour les jeunes ou les vieux.


[1] Internet, un canal d’avenir pour les dons aux associations.
Par Marine Lamoureux, in La-Croix.com, 8 juillet 2008.

[2] A l’écoute des donateurs, une ambition pour demain.
Par Cécile Bazin et Jacques Malet / Recherche & Solidarités.

8 juil. 2008

Internet et les ONG : la vision de Yaële Aferiat (Association française des fundraisers).

Dernière interview-vidéo proposée par les Nouveaux médias non marchands (NMNM[1]) : celle de Yaëlle Aferiat, déléguée générale de l'Association française des fundraisers (AFF[2]). Yaële - du fait de ses fonctions - a sans doute ce rare privilège d'avoir une vision globale sur la manière dont les ONG s'approprient le web et les techniques du e-marketing. Et - effectivement - nous en sommes tous à des stades de développement différents, avec des approches variées et des moyens (humains et financiers) disparates. Cette vidéo confirme l'intérêt de l'AFF - si besoin en était - pour les questions web et e-marketing. Gageons que cet "intérêt" permettra d'aller plus loin d'ici fin 2008...



[1]Un petit travail sur le référencement naturel devrait permettre
un repositionnement devant le Nouveau musée national de Monaco (autre NMNM)...
[2]Un petit travail sur le référencement naturel devrait permettre
un repositionnement devant l'Association française de funboard (autre AFF)...


PS : euh, Yaële, je ne suis pas directeur. Pas encore.
Je vais me faire taper sur les doigts avec des déclarations de ce genre ! ;-)

3 juil. 2008

Les pages perso de collecte ou l'expression du fundraising p2p

Voilà un concept qui commence (enfin!) à émerger en France [1]. Un concept qui a déjà fait ses preuves dans le web anglo-saxon [2]. Un concept qui devrait permettre d'instaurer de nouvelles e-relations avec nos donateurs, sympathisants, adhérents... et générer de nouvelles ressources. C'est celui des pages personnelles de collecte. Explications.

"L'utilisation de ces nouvelles techniques [du web 2.0, ndlr] rend obsolète la traditionnelle relation (induisant un don) qu'utilisent jusqu'à présent les associations avec leur sympathisants. Grâce à la sollicitation online des amis, des sympathisants et des donateurs, les associations peuvent désormais atteindre et développer des communautés virtuelles qui vont bien au delà de leur propre base d'adresses e-mail", souligne Ted Hart dans People to people fundraising. C'est en effet de nouvelles perspectives de collecte online (e-fundraising) qui se profilent pour nous, professionnels du "online", grâce à la mise en application du p2p fundraising.

Le principe de ces pages - si vous ne le connaissez pas - est assez simple : vous offrez la possibilité à vos internautes de créer des pages personnelles de collecte au profit de votre cause. Et surtout, ces internautes assurent eux-mêmes la promotion de leur page via leur réseau (carnet d'adresse, facebook...). D'où le terme anglosaxon de p2p fundraising, peer-to-peer fundraising ou - je préfère - people to people fundraising. Soyez rassuré, tout est légal...

Si le principe est simple, sa mise en oeuvre est toute autre. Le contexte d'incitation à la création de ces pages est déterminant. Idéalement, il doit s'inscrire dans une logique si ce n'est événementielle - au moins centrée autour d'un "événement" (centré sur l'ONG ou sur l'individu lui-même) : une course au profit de votre cause, une célébration, un concert, un anniversaire, un départ en retraite... A vous (et/ou à l'internaute) de trouver l'opportunité. La bonne.

Gardez à l'esprit que les pages perso de collecte sont à l'image d'un module de don en ligne : elles ne sont qu'un outil au service de la collecte en ligne. Pour que cette dernière soit optimale, charge à vous de promouvoir ce nouveau mode de collecte de la façon la plus adaptée. C'est la difficulté de l'exercice. Et c'est là qu'une vraie approche communautaire s'impose. Avec d'autres outils de base : e-mailings, bannières, widgets... beaucoup de boulot en perspective.

A ce jour, deux sociétés proposent des services de P2P fundraising au travers de deux sites : Aiderdonner et izi-Collecte. D'autres solutions devraient également être disponibles dans les mois à venir. Un des enjeux immédiats est sans doute de faire connaître ce nouveau mode de collecte, tant auprès des professionnels que du grand public ; d'en systématiser l'usage et de l'intégrer efficacement dans votre stratégie online. Là, rien de mieux que d'être conseillé par des pros et d'expérimenter.

[Addendum - 04/07/2008] Autre offre disponible sur le marché pour proposer à vos internautes de créer des pages perso à votre profit : celle d'Optimus. Une offre développée avec HJC et ArtezInteractive, que je vous laisse découvrir ci-dessous (merci Frédéric pour ce document très intéressant !).




Enfin, pour finaliser ces propos, quoi de mieux que vous montrer un exemple ? Même si la créatrice de cette page au profit de la Fondation pour la Recherche Médicale est indéniablement acculturée aux pages perso de collecte, je lui tire une nouvelle fois mon chapeau. Merci Wendy. [>]


[1] On doit les premières expériences dans ce domaine sur le web français à Greenpeace et l'AFM / Téléthon.

[2] par ex. justgiving.com. Créé en 2001, le site a permis de collecter 290M£ depuis son démarrage et a aujourd'hui plus de 5000 associations abonnées (Source : Justgiving). 20M £ ont été collectés à l'occasion de l'édition 2008 du marathon de Londres grâce à 16 000 coureurs utilisant les pages personnelles de collecte. En outre, 1M £ ont été collectés en une seule journée quelques jours avant l'épreuve. (Source: Third Sector / 21 mai 2008).
Merci Guillaume pour ces infos chiffrées :-)