25 févr. 2008

Keldon.fr - le comparateur de don en ligne...

"Dernier né de la famille des comparateurs en ligne, Keldon.fr vient de faire son apparition en ligne..." annonce Christian Blachas, dans une vidéo de la rubrique "Non profit" du site Culture pub.fr, créée pour l'occasion. Et le présentateur enchaine sur les résultats de requêtes lancées sur l'outil online...
C'est à ce moment précis que je me réveille, en sueur. Non pas parce qu'il fait trop chaud sous la couette. Non. Simplement parce que je viens de faire un mauvais rêve : celui où l'on viendrait à franchir trop rapidement la frontière entre certaines pratiques venues tout droit du secteur marchand et celles applicables au non-profit. Keldon.fr : c'était un mauvais rêve. ONG-scan.org : c'est la (mauvaise?) surprise du jour.

L'info m'est arrivée via la newsletter de l'AFF* hier, dans un article titré "La notation des associations serait-elle arrivée en France ?". On y explique la mise en ligne du site ONG-Scan. Connexion sur le dit-site. Les objectifs sont - en apparence - clairs : ONG-Scan se positionne comme étant "L'Observatoire de la bonne gestion des organisations sans but lucratif". Rien que ça. C'est ambitieux et louable. En théorie.

Le communiqué de Presse diffusé le 25 février, disponible sur le site annonce la couleur : "Afin de mieux informer les donateurs et le grand public sur la gestion des organisations auxquelles ils contribuent, le site ONG Scan [...] permet aux internautes de consulter gratuitement les fiches d’évaluation de la gestion de 68 organismes, élaborées sur la base d’un référentiel de 15 critères financiers et de gouvernance."

Intéressant. Je continue la lecture du communiqué.

"Manifestement, les organismes de contrôles existants (Cour des Comptes, Comité de la Charte, Bureau Veritas), parce qu’ils sont sollicités, ne sont pas parvenus à informer efficacement les donateurs. En effet, le secteur non-lucratif est souvent perçu comme «pléthorique, mouvant, et [...] opaque» . Or, ce manque d’information et de confiance des donateurs explique en partie le niveau de don plus faible en France que chez ses voisins européens (2,7 milliards d’euros de dons en France ; plus de 10 milliards en Grande-Bretagne)."

Très critique
et un peu rapide, cette analyse. En outre, la perception s'avère plutôt négative. On a l'impression de lire un mauvais article d'un mauvais canard, signé d'un mauvais journaliste qui n'a pas su faire son travail d'investigation.

"Dans ce contexte, l’évaluation déclarative, proposée pour la première fois en France par ONG Scan, est l’outil le mieux adapté pour concilier évaluation et diffusion de l’information au grand public. L’ensemble des informations servant de base à l’évaluation sont publics et ont été recueillies principalement sur le site Internet des organismes. L’évaluation réalisée est claire et transparente, car la méthodologie est intégralement disponible sur le site. De plus, n’ayant pas de relations commerciales avec les organismes évalués, le site ONG Scan bénéficie d’une totale indépendance vis-à-vis de ces derniers. Enfin, cette approche déclarative a permis d’évaluer le plus large panel d’associations et fondations référencées par un organisme de contrôle en France.
"

Problème : "L’évaluation réalisée est claire et transparente, car la méthodologie est intégralement disponible sur le site". Personnellement, j'ai lu la méthodologie et toutes les rubriques du site : c'est tout, sauf clair ! Et le site a pour prétention de s'adresser au grand public...

J'ai beau lire dans une des rubriques qu'un des principes est de "Comparer ce qui est comparable", le principe du site repose lui-même sur des comparaisons et des notations d'éléments non comparables... en considération d'organisations différentes par leur taille, leur structure, leur nature, leurs missions. Les comparateurs de prix ne viennent jamais à donner des résultats mélangeant des chaussures de sport, des brosses à dents ou des voyages en Turquie. ONG-Scan, qu'on le veuille ou non, induit une notion (perverse) de comparatif et de classement. On est, in fine, pas loin du comparateur de don. Dommage.

C'est du détail, c'est surprenant et je ne peux m'en empêcher : on découvre qu'un Comité scientifique "est chargé de promouvoir l’évaluation effectuée par ONG Scan." On ne doit pas avoir la même notion de ce qui est "scientifique". Comme s'il fallait donner du crédit à une telle initiative. Comme si la science excusait tout.

Au final, le résultat - au delà d'être décevant par rapport aux objectifs fixés par l'auteur - ne fait, à mon sens, qu'aggraver la situation dépeinte. Situation qui n'est pas si noire qu'annoncée.

Moi, j'aime les initiatives quand elles sont utiles et constructives, dans le non-profit comme ailleurs. Enfin, c'est juste mon avis.

> ONG Scan

> Lire également l'analyse de Matthieu
sur le blog des Agitateurs de la solidarité

21 févr. 2008

Association pour la recherche sur le cancer (ARC) : un nouveau site en vue !

C'est annoncé officiellement dans la lettre n°4 de l'ARC (Association pour la recherche sur le cancer) : une nouvelle version de www.arc.asso.fr verra le jour en mars prochain, précisément à l'occasion de la semaine nationale de lutte contre le cancer, du 17 au 23.
Une nouvelle version qui se faisait attendre. Le site actuellement en ligne à l'heure où je rédige ce billet n'est effectivement plus (depuis longtemps...) à la hauteur des ambitions de l'association qui veut se positionner comme l'un des acteurs majeurs de la lutte contre le cancer en France. Le lancement de ce nouveau bébé on line préfigure-t-il une stratégie en ligne aussi ambitieuse ? Réponse dans quelques mois.

> www.arc.asso.fr

17 févr. 2008

Perdre 10 kilos ou faire un don : telle est la question !

C'est ce que vous propose un site web américain apparu sur la Toile en ce début d'année. Oui, il n'y a bien que nos amis les ricains pour nous proposer ce type de service en ligne. Stickk.com s'adresse particulièrement à ceux qui souffrent de procrastination* : arrêter de fumer ou de boire, maigrir, ranger sa chambre, passer moins de temps sur son PC/Mac... bref, stickk.com est sensé vous aider à tenir vos engagements ou vos promesses de la série "les bonnes résolutions de début d'année".

Comment ? le principe est simple : si vous ne tenez pas vos objectifs (définis de façon contractuelle, en ligne, sur le site), vous payez (une somme que vous avez déterminée). Si si, c'est très sérieux. C'est même deux profs d'économie et de droit de la prestigieuse université de Yale qui en ont imaginé le concept... C'est dire si c'est sérieux...

Exemple, vous vous engagez à perdre 5 kg en 3 mois. Trois mois plus tard, votre femme - nommée pour l'occasion "contrôleur de bonne conduite" (c'est aussi contractuel) - constate que vous n'avez perdu que 2,7 kg... La faute aux Sticks & Bretzels du Dr Oetker qui sont tellement bons avec un kir pêche au muscadet, assis dans le canapé en regardant le dernier épisode de Dr House sur TF1. Résultat : à défaut de perdre 5 kilos, vous perdez 60 euros (c'est contractuel - c'est la somme que vous aviez fixée) que vous devez payer via Paypal. Et, clou du spectacle, c'est à vous de décider qui bénéficiera de cette somme. Vous pouvez ainsi décider de la reverser à une oeuvre caritative ou même à "une oeuvre anti-caritative" indique Mathieu Rached, dans un article du Monde.fr sur le sujet. Sont fous ces ricains.

*tendance pathologique à remettre au lendemain toute action.
Merci à Perrine D. pour le tuyau...

13 févr. 2008

e-mailing : les 12 erreurs que nous commettons tous !

C'est désormais une habitude chez Marketing Sherpa. Ils nous livrent régulièrement leurs (très) bonnes pratiques sous forme d'erreurs à ne pas commettre. Dernier document en date, la Dirty Dozen mistakes [...] nearly everyone makes (oui, même vous et moi) en matière d'e-mailing. Or, les ONG font de plus en plus appel à l'e-mailing pour informer, solliciter, faire du lobbying... Autant le faire le mieux possible. Ci-dessous ma lecture de ce document.

Voici un livre blanc très bien illustré d'exemples à ne pas suivre et surtout de mesures à prendre pour revenir dans le droit chemin de l'e-mailing efficace. A titre anecdotique, mais très pragmatique, on y apprend par exemple qu'en changeant l'intitulé d'un lien cliquable "Continue to article" en "Click to continue", le taux de clics serait parfois augmenté de 3,5%. Rien que ça. Dernier point abordé dans l'edito signé de Tad Clarke, le directeur éditorial de MS, il faut régulièrement repenser sa maquette de newsletter. Au moins une fois par an, semble-t-il. Un rythme pas évident à suivre. Conclusion : testez, testez et testez encore. C'est l'un des messages forts de ce document.

Autre point à retenir, issu de la mistake#1, la condition sine qua non et préalable pour espérer de bons résultats en e-mailing : obtenir un niveau de permission optimal de la part de l'internaute avant de communiquer avec lui [ou "elle". L'internaute peut être une femelle !] par e-mail. Attention, cette notion de permission (-marketing) va beaucoup plus loin que le simple fait de travailler des fichiers optin. D'ailleurs, c'est une évidence : vous travaillez uniquement des fichiers optin, n'est-ce pas ? L'idée est bien, dans ce contexte, de préciser clairement vos intentions à l'internaute : thème, fréquence... pour chacun des points d'entrée visant à la collecte d'adresses e-mail.

La mistake#2 vous rappelle l'importance de la segmentation des fichiers (structurelle et comportementale). Et surtout de l'exploitation que vous en faites par la suite. Nul ne vous démontrera le contraire.

La mistake#3 souligne, à juste titre, l'utilité de travailler de façon plus pertinente, vos messages de bienvenue. Il est vrai qu'ils sont bien souvent négligés (voire totalement oubliés) ; à tort. Il ne faut négliger aucune opportunité de contact avec les internautes. Il faut même les "chouchouter" lors de votre premier mail en leur proposant un service à forte valeur ajoutée, un document inédit... A vous de voir.

La mistake#5 [oui, je sais, j'ai zappé la 4...] vous incitera - selon les cas - à accentuer la personnalisation de vos messages. Y compris sur le ton, l'emploi de la première personne du singulier, l'illustration par des portraits (incarnation)...

La mistake#7 [oui, j'en ai encore zappé une] ne fera que confirmer ce qui s'avère être un des enjeux à venir : la délivrabilité. Une notion que vous devez impérativement intégrer si vous faites tout en interne (conception et routage : je vous le déconseille) ou qu'il ne faut pas rejeter sur votre prestataire d'e-mailing (si vous en avez un).

La mistake#8 est l'occasion d'insister sur la nécessité de concevoir des e-mailings lisibles et pertinents, même avec des images bloquées par les messageries. Là, c'est une pure question d'htmlisation.

Mistake#9 : très prospective, elle nous plonge dans une problématique propre à un avenir proche. Celle de l'hétérogénéité des outils portables : téléphones portables, Blackberry, IPhone... Gardez à l'esprit qu'il faut penser à y penser, prochainement, bientôt, quand vous aurez le temps. Moi, j'ai du mal...

La mistake#10 montre combien il est important de bien penser (et tester) le positionnement ou le zoning de vos éléments de promotion.

Mistake#11 [courage, c'est bientôt fini !] nous laisse entendre que tout le monde ne calcule pas pas de la même manière ses taux d'ouvertures, taux de clics, taux de réactivité... incroyable non ? Revoyez donc vos définitions et vos calculs. Ça ne sert à rien de tricher.

Mistake#12 [ouf, c'est la dernière...] est sans doute l'une des plus pertinentes et tellement évidente que tout le monde semble l'oublier : Internet et les e-mailings n'ont rien de magique [eh non ! ]. Ça peut effectivement très bien fonctionner parce que vous avez prévu des mécaniques très pertinentes on line. Mais cela fonctionnera encore mieux si vous inscrivez votre stratégie d'e-mailing dans une stratégie de marketing et de communication cohérente. L'e-mailing ne fait pas tout, tout seul. Sachez en tirer le meilleur dans un contexte global.

> Marketing Sherpa / e-mailing : 12 erreurs que nous commettons tous
[pdf / US]

4 févr. 2008

Comment trouver des bénévoles grâce au web ?

Les bénévoles, ce sont ces gens qui nous aident (gratuitement) et qui donnent une âme à de nombreuses associations et fondations. Et ils vous donnent un sérieux coup de main sur vos événements, vos collectes, dans vos missions au quotidien... Bref, ils sont bien souvent essentiels et incontournables. A tel point que vous êtes parfois en manque. Voici quelques (bons ?) tuyaux pour trouver ceux que vous cherchez pour votre ONG.

Votre s
ite
C'est une évidence, mais il ne faut pas la négliger : la publication de votre offre de bénévolat doit d'une part être claire et précise (telle une offre d'emploi) et, d'autre part, accessible sur votre site web. La plupart des ONG structurées avec de nombreux bénévoles disposent de rubriques consacrées au sujet ; avec parfois même une charte du bénévole ! N'oubliez jamais que le réflexe du bénévole potentiellement intéressé pourra être d'aller faire un tour sur votre site. Alors, cerise sur le gâteau, il est très valorisant (pour le bénévole comme pour vous) de donner quelques illustrations des actions de bénévolat (ex : Armée du salut). Pensez-y.
> ex. : WWF, Unicef, APF, Secours populaire...


France bénévolat
C'est une plateforme nationale au service des bénévoles et des associations, basée sur un portail associatif et sur un réseau de 180 points d’accueil en région. Faites votre choix.
> francebenevolat.org

beTobe
Ce site (multilingue) propose la mise en relation entre des bénévoles et des organisations à but non lucratif afin de favoriser les collaborations en ligne. Point innovant : les contributions des bénévoles sont produites via Internet afin de ne pas nécessiter la présence physique des bénévoles sur le terrain. Hum, ça c'est du web ! [merci à Elodie des NMNM, pour le tuyau]
> betobe.org


Jeveuxaider.com
Vous avez décidé de vous investir personnellement dans la solidarité en donnant un peu de votre temps ? jeveuxaider.com vous accompagne dans votre démarche. "Donner son temps, c’est avant tout s’engager librement, dans une action non rémunérée, au profit de l’intérêt général. On compte aujourd’hui en France environ 880 000 associations déclarées et 14 millions de bénévoles, des hommes ou des femmes, quelque soit leur âge, leur nationalité, leurs compétences, qu’ils soient étudiants, en activité professionnelle, en recherche d’emploi ou à la retraite". C'est tout simplement ce qu'indique le site.
> jeveuxaider.com

Passerelles & compétences
C'est une association qui met en relation les associations et tout professionnel souhaitant s'engager dans des actions de solidarités (à titre bénévole). Une forme d'offre de bénévolat de compétence. Fallait y penser. Passerelles&Compétences, c'est "6 implantations [en France, ndlr], 1400 bénévoles inscrits sur leurs compétences professionnelles, c’est 260 recherches menées sur les 2 dernières années (150 en 2007 pour 90 asso), c’est surtout 50 bénévoles prêts à aider les associations à définir leurs besoins et à trouver le bénévole idéal pour y répondre" me précise Patrick Bertrand (administrateur de P&C). Et ça ne demande qu'à se développer. Alors, qu'est-ce que vous attendez ?
> Passerelles & compétences

Et puis...
Il y a les réseaux figurés - et bien connus de nous tous - sous forme de sites spécialisés : viadeo, facebook... mais aussi sous forme de listes de diffusion : l'Auberge de la solidarité, par exemple.

Pensez "futé"
Dernier né de la série des petits futés, voici le "Guide du bénévolat 2008". C'est déjà trop tard pour figurer dedans. Si vous n'y êtes pas, vous ferez mieux la prochaine fois. Pour vous consoler, vous pouvez l'acheter en ligne. Pas le consulter... dommage.




Autres ressources :
> Associations.gouv.fr

> Billet sur le sujet